Le procès d'Allah (1ère partie)

Ce procès a lieu dans une immense caverne, dont peu de gens connaissent l’existence. Il y a place pour recevoir la Cour, les avocats et l’accusé, bien sûr, les membres du jury et les témoins convoqués. Des petites salles isolées ont été aménagées tant bien que mal. Les ingénieurs du son se sont trouvés confrontés à un fameux problème d’écho.

« Messieurs, la Cour ! » ! La formule solennelle est criée par un huissier. Une formule qu’on n’a pas cru devoir adapter au fait qu’il y a, de nos jours, des femmes présentes dans la salle. Elles se lèvent néanmoins.

Le Président, suivi de ses juges assesseurs, se dirige d’un pas lent vers l’endroit d’où il siégera. Arrivé à la place réservée, il fait signe à tous de s’asseoir. Lui-même reste debout, ajuste un micro et déclare derechef :

« Mesdames, Messieurs, (Ah ! Les femmes existent.) J’ai l’honneur de présider cette Cour d’Assise internationale qui est réunie pour la première fois, succédant à la Cour internationale de Justice. Nous vivons une situation particulière, le gouvernement légal se trouvant dans l’incapacité de gérer les Affaires publiques. L’occupant l’en empêche et les ministres sont, comme nous tous, entrés en Résistance. Au passage, je tiens à saluer les membres du Jury qui, malgré le danger qu’ils courent, se sont présentés spontanément pour remplir un rôle ingrat. Nous avons à connaître d’un cas tout à fait hors du commun : nous allons juger quelqu’un qu’on nous présente comme étant Dieu, créateur de toutes choses dans l’univers ».

(Quelqu’ un crie : « Imposteur ! »)

« Je ne puis admettre ce genre de manifestation. Nous devons faire taire nos sentiments et nos convictions pour écouter attentivement les arguments des parties et juger en toute objectivité, en toute sérénité, la conscience en paix. Que celui ou celle qui craint ne pouvoir assumer cette nécessaire ligne de conduite quitte la salle ! »

(Un vieil homme se lève avec difficulté et quitte les lieux en claudiquant)

« C’est regrettable, mais mieux ainsi. Nous ne pouvons pas être suspectés de partialité. Il y va de la crédibilité de ce procès. Faites entrer l’accusé ! »

L’accusé entre, serré entre deux gendarmes qu’on reconnaît à leur brassard. On ne voit guère qu’un turban et une barbe noire impressionnante. Le corps disparaît dans une djellaba verte. Arrivé dans son box, l’accusé salue son avocat, maître Muhammad.

« Veuillez décliner votre identité. Nom, Prénom ! »

L’accusé reste muet. Le président s’impatiente et répète son injonction. Maître Muhammad intervient :

« Je vous prie, Monsieur le Président et vous Mesdames et Messieurs les jurés, d’excuser mon client. Ses convictions religieuses l’empêchent de parler à qui que ce soit d’autre que moi. Je ne suis pas seulement son avocat, je suis surtout son porte-parole. J’en avais prévenu le greffe. »

Le Président : « Je n’en ferai pas un incident de procédure qui risquerait d’avoir, pour conséquence, une annulation de cette session, alors que nous sommes pressés d’en finir. Le jury interprètera l’attitude de l’accusé. En attendant, accélérons le rythme. La parole est à monsieur l’avocat général. »

L’avocat général, Marc Didier, se lève et ouvre devant lui un énorme dossier. Il parcourt des yeux la salle puis déclare :

« Monsieur le Président, Messieurs les Juges, Madame la Juge, Mesdames et Messieurs, membres du Jury. L’accusé ne devrait pas être seul dans ce box. Devraient s’y trouver également les dénommés YHVH et Dieu, dont les crimes sont antérieurs aux siens. Quoi qu’il en soit, Allah ici présent doit répondre – fût-ce par la voix de maître Muhammad - d’une série si longue de méfaits et de crimes que je ne suis pas sûr d’être exhaustif. Pour ne pas abuser de votre patience, je ne m’étendrai pas sur les méfaits mineurs, encore qu’ils dévoileraient la psychologie morbide de l’accusé. Déjà révélée par le fait qu’il a exigé de son prétendu porte-parole qu’il le présente comme créateur de toutes choses.

« Choses ! choses ! choses ! » « Un malencontreux écho échappe aux ingénieurs du son. Mais l’orateur poursuit :

Ce dont s’est acquitté maître Muhammad avec le succès que l’on sait. L’avocat a été tellement influencé par Allah, qu’il est parfois difficile de dissocier la part de l’un ou de l’autre dans les actes terribles que nous allons décrire.

Maître Muhammad bondit.

« L’avocat général traite l’avocat de la défense en co-accusé ! C’est scandaleux !

L’avocat général très rapidement :

« Ce n’est pas une opinion, maître, mais une simple observation. »

C’est Allah en tous cas, si l’on en croit le Coran – et il est interdit de ne pas croire le Coran – c’est Allah, dis-je, qui prêche la haine des non-croyants et incite à les tuer. En voici, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, la preuve indubitable : les versets du Coran lui-même, dictés par Allah à Muhammad par l’intermédiaire de son secrétaire très particulier, l’ange Gabriel. Pour éviter la lourdeur impliquant de la part de chacun une attention continue,(NOTE : Et c’est votre cas, cher lecteur, chère lectrice) je me propose de fournir, pour chaque chef d’accusation, une ou deux citations suffisamment probantes. Dans une note écrite, que je remettrai au tribunal et au jury, j’ajouterai des citations supplémentaires, prouvant l’obsessionnelle intention assassine de l’accusé et de ses acolytes.

Mais il est, je pense souhaitable et même indispensable de faire savoir tout d’abord, comment Allah se présente lui-même.

Il sort un exemplaire du Coran ; Maître Muhammad rouge de colère :

« Vous n’avez pas le droit, vous, infidèle, de toucher le Saint Coran. Déposez immédiatement le Saint Livre. »

L’avocat général, se, tournant vers le Président :

« Maître Muhammad fait obstruction à l’acte d’accusation. Comment voulez-vous que je mentionne le contenu de la pièce maîtresse de ce procès si je ne puis en prendre connaissance ce livre en main ? Devrais-je payer un domestique musulman pour qu’il tourne les pages ? »

Muhammad, saisissant la balle au bond :

« Cette solution pourrait nous satisfaire. »

Le Président :

« Il y a bien un religieux de l’Islam instruit parmi les témoins ? Voyons ! Imam Deregbi, voudriez-vous rendre ce service à la Cour ?

Les gendarmes laissent passer un homme assez grand et corpulent, en turban blanc et long manteau noir. Il porte le collier de barbe usuel. Sa démarche est assurée. On voit qu’il a l’habitude de donner des ordres, non d’en recevoir ! Il va se placer à côté de l’Avocat général qui lui remet le Coran. A la demande de l’avocat général, il lit :

«Dieu est le créateur de toute chose ; il est l’ Unique, le Dominateur suprême » (13/ 16), «

La religion, aux yeux de Dieu est vraiment la soumission » (3 / 19),

« Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils m’adorent » (51 /56)

C’est clair ! Les hommes sont ses « choses »..

Je vais vous lire où plutôt Monsieur l’imam va vous lire :

« La grâce est dans les mains d’Allah ; il la donne à qui il veut » (3 /73)

« Allah a favorisé certains d’entre vous plus que d’autres dans la répartition de ses dons » (16 / 71)

« Il pardonne à qui il veut ; il punit qui il veut. Il est Puissant et Sage » (14 /4)

Il fait d’eux ce qu’il veut. Son emprise est absolue. Se rend-on bien compte de l’image de total arbitraire qu’Allah véhicule de lui-même et qu’il propose en exemple aux hommes ?

Est-il étonnant qu’un tel personnage pousse au crime ? Avec une habileté diabolique – pour un Dieu, c’est un comble ! -, il commence par diffamer ceux qui ne croient pas en lui.

Je lis ! ll prend automatiquement le Coran, que lui arrache l’Imam pour citer les versets dictés par l’avocat général.

« Les Incrédules sont les injustes » (2 /254), Et Allah annonce la couleur :

« Des vêtements de fer seront taillés pour les Incrédules. On versera sur leurs têtes de l’eau bouillante qui brûlera leurs entrailles et leur peau. Des fouets de fer seront préparés à leur intention. Chaque fois que, poussés par la souffrance, ils voudront sortir de là, ils y seront ramenés : goûtez le châtiment du Feu. » (22 / 19)

A partir de là, c’est l’appel au « djihad » – la guerre sainte- qui est évoquée des dizaines de fois dans le Coran. Allah tient à mettre les points sur les « i ». Ce n’est pas seulement dans l’au-delà que les Incrédules sont l’objet de violences :

« Mahomet est le Prophète d’Allah. Ses compagnons sont violents envers les impies, bons et compatissants entre eux » (48 /29),

« Quant à ceux qui ne croient pas, je les châtierai d’un terrible châtiment en ce monde et dans la vie future » (3 / 56)

Et jouant, en manipulateur chevronné, sur les réactions psychologiques de ses « guerriers », il ôte à ceux – ci tout scrupule et tout sentiment de culpabilité. Inspiré par le : « tu ne tueras point » universellement humain. Je cite :

« Ce n’est pas vous qui les avez tués, mais Allah les a tués. » (8/ 27)

Où je m’y trompe fort ou Allah fait ici aveu de culpabilité ? Et ses sbires continuent à claironner à travers tous les médias que « l’Islam est une religion de paix ! » Et…

L’Imam se fâche à son tour.

« Je ne puis plus continuer à jouer ce rôle où je sers en fait à accuser Allah de mauvaises actions. Trouvez une autre victime, Monsieur le Président »

« Comment voulez-vous que la Cour fasse normalement son travail si elle est continuellement interrompue par des susceptibilités religieuses ? Reprenez votre document Monsieur l’avocat général et poursuivez, je vous prie » dit le Président.

« Je disais que sur les plateaux de télévision les représentants musulmans ne manquent jamais de citer le verset 56 de la sourate 2 qui dit, effectivement : « Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. Donc, quiconque mécroit au Rebelle, tandis qu’il croit en Allah, saisit l’anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Allah est Audient et Omniscient. » (La traduction un peu curieuse est celle qui a été révisée par la Présidence Générale des Directions des Recherches Scientifiques Islamiques, de l’Ifta, de la Prédication et de l’Orientation Religieuse. Royaume d‘Arabie Saoudite.). On oublie toujours. TOUJOURS ! de mentionner le verset suivant, le 257, qui promet à nouveau le feu éternel de l’Enfer à ceux qui ne croient pas. Certes, ils ne sont pas contraints, mais l’alternative, c’est la damnation.

Il ne fait donc aucun doute qu’Allah ait directement incité et continue d’inciter ses croyants aux crimes contre l’Humanité. Il suffit d’évoquer les massacres des paisibles membres de la secte Bahai. Une petite sécession de l’Islam visant à un certain universalisme de la solidarité humaine, incorporant dans sa doctrine des éléments zoroastriens, juifs et chrétiens. Et, nous l’avons vu, il en assume l’entière responsabilité. Je requiers la peine la plus lourde pour ces crimes contre la liberté de conscience qui sont un déni de civilisation. Mais….ce n’est pas tout, et je demande à la Cour si elle estime devoir entendre les chefs d’accusation supplémentaires ? »

Le Président : « Je ne limite pas le temps de parole du Ministère public. Continuez donc, Monsieur l’avocat général. »

Nouvelle intervention de l’écho : « néral…néral…néral… »

« Je vous remercie, Monsieur le Président. C’est qu’Allah ne s’est pas contenté de dicter des règles religieuses. En sa qualité de dieu, il entend exercer un pouvoir absolu. Et il prescrit dans le Coran des règles de droit civil et de droit pénal, qui sont inchangeables puisqu’elles sont dites de source divine. Or, ces règles sont contraires à nos principes juridiques fondamentaux et il entend les faire appliquer aux Musulmans chez nous ! Nous aurions donc, Monsieur le Président deux droits différents à appliquer dans nos tribunaux…jusqu’au moment ou notre droit sera remplacé par la « Charia » (Codex juridique fondé sur le Coran). Et qu’arrive-t-il si, entretemps, les parties se présentant devant le tribunal sont, l’une islamiste, l’autre occidentale ? »

« On ne peut plus utiliser le jugement de Salomon ! C’est dommage ! » soupire le Président.

« Qu’aurait pu faire Salomon dans ce cas-ci ? » demande l’avocat général.

« Il aurait dit, comme je suis tenté de le faire : je me déclare incompétent ; Que chaque partie comparaisse en son lieu de naissance et porte plainte là ! » répond le Président. (Le président qui est nourri de droit romain, se lave les mains, imitant Ponce Pilate)

L’avocat général se gratte derrière la tête et reprend son réquisitoire :

Comment admettre ces versets du Coran qui « sacralisent » le statut inférieur de la femme. Je cite :

« Les hommes ont autorité sur les femmes en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris) et protègent ce qui doit être protégé pendant l’absence de leur époux avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voies contre elles, car Allah est certes Haut et Grand » (Sourate 4 verset 34)

C’est clair, je pense. Dans d’autres versets il est institué qu’en cas d’héritage, la part d’un garçon est double de celle d’une fille, et qu’il faut, en justice, la parole de deux femmes pour valoir celle d’un homme. Je passe sur la condamnation de l’homosexualité, qui, de fait, condamne au malheur 7 % de la population, pour en arriver à plus grave encore : les limitations en matière d’expression de la pensée. Ce n’est pas Allah lui-même qui incite directement à la censure et à l’autocensure, mais l’intolérance découle directement de son enseignement. Je me permets de rappeler au Président de cette Cour internationale, qu’à l’incitation de pays islamistes, une commission des Nations Unies a voté une résolution demandant aux Etats de rendre condamnable le « dénigrement des religions. » Qui fera dorénavant la distinction entre « critique » et « dénigrement » ? Quid si l’examen critique d’une ou des religions aboutit à la conclusion qu’elles sont fausses ou néfastes ? On ne pourra même plus sourire quand on verra une centaine d’hommes se plier le cul en l’air en signe de soumission à Allah ou un vieux bonhomme portant un chapeau de St Nicolas et s’appuyant sur une canne plus grande que lui pour signifier le pouvoir de l’Eglise de Rome ? Cette interdiction de critiquer est un crime contre l’Humanité. Un crime abominable parce qu’il écrase l’esprit, l’intelligence, la faculté de contester qui est moteur de progrès. Comme l’a dit John Stuart Mill : « Truth emerges from the clash of adverse ideas » (en français: du choc des idées jaillit la lumière) Et, ce crime contre l’Humanité, l’ONU en est pratiquement complice. Les pays islamistes et leurs alliés étant devenus majoritaires dans l’enceinte internationale ils ont réussi ce tour de passe-passe, renversant le principe de la liberté d’expression. Qui fait partie de la Déclaration universelle de 1948. Les champions et promoteurs de la liberté sont battus et humiliés sur leur propre terrain. Nous progressons vers l’obscurantisme et voyez, regardez bien Allah et son porte-parole : ils sourient !

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, il faut en prendre rapidement conscience : deux types de civilisation se heurtent au niveau le plus élevé de l’organisation mondiale. Un type ancien qui a prévalu en Europe et ailleurs jusqu’au siècle des Lumières; celui de la théocratie absolutiste. L’évolution des sciences et l’instruction des hommes l’a fait remplacer par un libéralisme relativiste et tolérant. Il faut choisir entre une théocratie absolutiste et un libéralisme relativiste. Ce procès a une dimension universelle. J’en ai terminé !

L’avocat général se rassied dans un silence impressionnant. Au bout d’un moment, le Président déclare :

« La parole est à la défense ! »

(à suivre: la défense a la parole. La meilleure défense est l’attaque ?) Maxime Waha