Donc:

« Comment les verts en sont-ils arrivés là ? »

Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’Ecolo est devenu le maillon faible de la résistance à l’islam rigoriste, en Belgique francophone.

De longue date, certains intellectuels d’origine arabo-maghrébine, défenseurs des musulmans piétistes, ont misé sur le parti vert pour relayer leur idéologie. On se rappellera que, sous le gouvernement arc-en-ciel, l’actuel très communautariste président du MRAX, Radouane Bouhlal, a été le collaborateur du ministre écolo, Jean-Marc Nollet. Et que le chercheur ULBiste, Souhail Chichah, qui tient des propos d’une extrême radicalité sur la Toile, a été l’assistant parlementaire de Josy Dubié. Ni Dubié, ni Nollet, ne sont en cause. A l’époque, Bouhlal et Chichah, jeunes et brillants universitaires, jouaient profil bas, se faisant passer pour d’authentiques militants laïques.

Dès les années ‘90, les musulmans communautaristes font le calcul qu’Ecolo est plus friable que le PS. A l’époque, les socialistes mettent surtout à l’avant-plan les musulmans laïques, tels Mahfoud Romdhani et Sfia Bouarfa.

Quatre éléments expliquent, pour l’essentiel, la fragilité d’Ecolo face à la poussée de l’islam rigoriste.

1. Pas de tradition laïque : contrairement au PS, ou au MR, principalement, Ecolo compte une faible proportion de militants laïques en son sein. Pour beaucoup de verts, la priorité est ailleurs, dans le combat environnemental, qui éclipse tous les autres.

2. Le rôle des anciens gauchistes : ils sont très actifs à Ecolo, à l’image de l’ex-trotskyste, Henri Goldman. Historiquement proche d’Isabelle Durant, Goldman est sans doute le penseur vert le plus productif. Le plus complaisant aussi envers les musulmans ultraconservateurs (c’est lui qui, le premier, sur son blog, a traité de « maccarthystes » ceux qui dénoncent un certain islam réactionnaire). Les anciens gauchistes sont souvent fascinés par l’ « anti-impérialisme » et l’ « antisionisme » des militants de l’islam réac. Et ils nient l’activisme de l’extrême droite musulmane.

3. La tendance « boy-scout » : certains écologistes cultivent un indécrottable angélisme. En toute sincérité, ils sont convaincus que l’ouverture aux autres cultures doit être absolue, pour le port du voile islamique, la remise en cause de la mixité, les accommodements raisonnables… Ces écolos boy-scouts manquent de boussole idéologique. Ils manquent, tout simplement, de culture politique.

4. Le cas d’Ecolo Bruxelles. Malgré la résistance de l’aile laïque (Jean-Claude Defossé, Josy Dubié, Marie Nagy…), Ecolo Bruxelles est sous l’emprise du trio Turine-Genot-Mouhssin, au profil cléricalo-musulman. Le choix de Fatima Zibouh pour représenter Ecolo au conseil d’administration du Centre pour l’Egalité des chances et la lutte contre le racisme, est révélateur de l’influence de ces écolos bruxellois flirtant avec l’islam rigoriste.

Claude Demelenne