Un titre me fait réagir : « Dieudonné se cache à Bruxelles ». Dieudonné est cet humoriste controversé, catalogué d’extrême-droite et auquel on reproche des propos antisémites. Qu’un homme doive se cacher en raison de ses opinions, ne semble pas émouvoir grand monde ! Penser autrement deviendrait un crime ? Evidemment, s’il a tenu des propos antisémites, il contrevient aux principes de la « Déclaration des Droits de l’Homme ». Autre cas qui mérite attention en raison du principe de libre expression des idées ; Oskar Freysinger, ce Suisse qui s’est opposé à l’érection de minarets supplémentaires dans son pays, devait faire une conférence sur le sujet à Bruxelles. Par crainte de troubles violents, les autorités publiques, au lieu de protéger l’orateur, qui exerce un droit démocratique de s’exprimer, le somment, au contraire, de renoncer, lui, à ce droit. Les médias, au lieu de s’indigner, semblent plutôt d’accord pour l’interdiction de parole. La grande peur de la violence pousse à violer la liberté ! Force n’est plus à la loi, C’est la force qui fait loi ! Soyons clair : je m’affirme publiquement et résolument de gauche. Je ne partage donc pas les idées de M. Dieudonné. Mais je me souviens de ces paroles qui sont une leçon de libéralisme intellectuel : « je ne partage pas vos idées, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer ! » (propos prêtés à Voltaire). La tolérance est le pilier par excellence de la démocratie, puisqu’elle fonde la confrontation des idées. « La tolérance ? Il y a des maisons pour cela ! » (Clemenceau)

Les religions monothéistes n’ont jamais été des modèles de tolérance. Tout homme épris de la libre pensée se méfie à juste titre, vu l’expérience séculaire, des abus d’autorité spirituelle.

Une brèche dans un principe.

C’est la communauté juive qui est à l’origine de la restriction en matière d’expression des idées ! Mus par une indignation compréhensible, les Juifs, à entendre nier leur souffrance et celle de leurs millions de morts, ont demandé et obtenu qu’on interdise la propagation des thèses négationnistes. Malheureusement, ce faisant, ils ont ouvert une brèche dans le principe de la liberté d’expression, qui doit être totale sous peine de n’être plus. En effet, chaque groupe religieux ou politique pourra, à son tour, réclamer une limitation particulière du droit de critique à son égard. Le monde islamique, comme on verra plus loin, ne s’est pas privé d’ouvrir un peu plus – nettement plus - cette brèche inespérée. Il est difficile de faire admettre qu’on revendique le droit d’exprimer des sottises énormes et des affirmations ignobles, sous peine de porter atteinte à un principe essentiel de la pensée démocratique. S’il est porté préjudice à une personne, celle-ci peut demander réparation en Justice. On ne peut, en aucun cas, porter préjudice à une idée. Un(e) citoyen(ne) qui n’accepte pas le combat intellectuel des idées est intolérant(e) et mériterait une sanction judiciaire…

Opposants ? malades mentaux !

Les articles de mon journal touchant un tant soit peu le problème des relations avec le monde musulman sont semés d’adjectifs diabolisant ceux qui entendent s’opposer à des exigences abusives de la part des religieux islamiques (généralisation de la viande « halal » et interdiction du porc dans les écoles, « apartheid » séparant hommes et femmes dans les piscines publiques,…) Ces opposants sont traités d’« islamophobes » donc de malades mentaux c'est-à-dire atteints d’une phobie obsessionnelle simplement parce qu’ils émettent une critique à l’égard de la religion islamique ! Sont traités de « populistes » des élus qui disent tout haut ce qu’une masse de citoyens pensent tout bas. En quoi ils sont parfaitement démocrates ? Le cas de Geert Wilders aux Pays Bas est tout à fait significatif. Il est dit d’«extrême-droite». Défendre la laïcité, l’égalité de droits entre hommes et femmes, la liberté d’expression me paraissent plutôt des propositions de gauche ?

« diffamation » des religions

Assez étonnant : Geert Wilders est pratiquement seul, dans cette Hollande à la grande tradition de tolérance, à plaider pour l’entière liberté d’expression des idées. La gauche, elle, entérine les limitations exigées par l’Islam et les catholiques romains. Elle accepte, qu’en commission chargée des Droits de l’Homme à l’ONU, on vote, à l’initiative des Etats islamiques, une motion demandant aux Etats membres de considérer comme un délit, le fait de « diffamer » une religion. Où finit la critique et où commence la «diffamation» ? Les religions, elles, pourront « diffamer » les philosophies et autres courants d’opinion !!! Comment justifie-t-on le privilège reconnu aux religions par rapport aux autres systèmes de pensée ?

La gauche ignore– sancta simplicitas – qu’au plus haut niveau, les Etats islamistes ont préparé plusieurs projets de « Déclaration universelle islamique des Droits de l’Homme ». Et qu’en 1948, lors du vote de la Charte des Nations Unies, le représentant des Etats islamiques à l’époque, s’est abstenu parce qu’il ne pouvait être question d’accepter l’égalité de droits entre hommes et femmes, ni l’homosexualité, ni….. Il y a une constance dogmatique dans l’attitude de l’Islam.

« Respectabilité »

Mon journal consacre également une page à Fabien Marsaud musicien du style « slam », dont le talent lui a valu d’être « Chevalier des Arts et des Lettres, ». Il s’exprime comme suit, au cours de son interview : « Je suis d’une famille très athée et moi-même athée sans être anti-religieux car beaucoup de mes potes avec qui j’ai grandi sont musulmans. Je respecte leurs croyances » (c’est sans doute le journaliste qui a mis au pluriel ? Le musulman n’a qu’une croyance ; l’Islam) Cette déclaration part d’un sentiment humain éminemment honorable. Toutefois, il me semble que, pour qu’on la respecte une religion doit être respectable. Et, d’innombrables versets du Coran, livre de référence quotidien de tout « bon Musulman », véhiculent des propos complètement opposés aux prescrits de la « Déclaration universelle des Droits de l’Homme ». Notamment sur le statut de la femme, l’homosexualité, le respect des non-croyants. Ceux-ci sont continuellement vilipendés et menacés de mort…Je respecterai cette religion le jour où ses adeptes feront savoir haut et fort que ces versets sont obsolètes. Et aussi, qu’ils admettent le principe de la séparation de l’organisation religieuse et de l’Etat. Qu’en dit notre athée ? N’aurait-il jamais lu une ligne du Coran ? Bien entendu, les réticences que j’exprime valent également pour la Bible. Avec cette différence que l’Eglise de Rome, malgré la puissance qu’elle peut exercer sur les affaires publiques, ne se confond pas avec l’Etat et peut donc s’accommoder d’un régime démocratique. Observons que le cardinal Danneels a souligné, dans une interview qu’il a accordée jadis au « SOIR », que : « l’Eglise n’est pas une démocratie ! »

Je constate avec consternation qu’une censure –pire, une auto-censure- s’exerce dans l’immense majorité des médias, ne laissant place qu’à une seule vision benoîtement apaisante de l’Islam non-intégriste, non-terroriste, à la limite non-religieux, ce qui serait un comble ! C’est à ce point patent que ceux qui ne sont pas d’accord avec la version « officielle » n’ont, pour faire valoir leur point de vue, que des sites Internet tels que : http://blog.sansdieucestmieux.info, ou www.ripostelaique.com ou www.atheistsinaction.com . Tous les pouvoirs manipulateurs de l’opinion, ont suscité le recours à une « presse » clandestine contrariante. Témoins : les publications « underground » aux Etats-Unis et les « samizdat », feuilles de résistant(e)s au tout-puissant Parti communiste d’URSS.

Il devient de plus en plus clair, selon moi - mais je ne demande qu’à me tromper - que nous allons être confrontés, au niveau mondial, via l’ONU, à un choix fondamental : une société libérale relativiste, qui suppose une confrontation permanente des idées et se base sur le libre examen ET une société absolutiste totalitaire religieuse et dogmatique imposant la croyance en un dieu unique ! Est-ce que vraiment il appartient aux humanistes libéraux d’apporter un appui à un courant totalitaire politico-religieux ?

Ne sont-ils pas jobards, c'est-à-dire naïfs et trop crédules, nos journalistes qui s’inscrivent dans cette vision lénifiante d’un « islamisme modéré » ? Cette appellation est une contradiction dans les termes : qui se réclame d’un livre prêchant une soumission absolue à un dieu et l’éviction des non-croyants ne peut être modéré. Et, si l’on est un homme modéré, on ne peut être islamiste. Moi, je ne tiens pas à mourir jobard !

Max