C’est cette attitude qui a inspiré la « Déclaration universelle des Droits de l’Homme », une charte qui témoigne d’une volonté de faire respecter des principes dignes du niveau moral le plus élevé de la civilisation humaine. Aujourd’hui, parce qu’on se trouve confronté aux exigences politico-religieuses d’une communauté musulmane infiltrée par des activistes fondamentalistes, ces principes sont mis en cause. Le rapport du comité de pilotage estime qu’il faut tenir compte de valeurs différentes. En un mot comme en cent : à côté de la Déclaration universelle, il y a le Coran. La juxtaposition n’est pas nouvelle : en 1948, l’Arabie saoudite, à l’époque seule représentante du monde islamique, n’a pas voté la Déclaration. Et pour cause ! L’Islam ne peut admettre l’égalité des droits entre hommes et femmes, ni l’homosexualité, ni le droit de changer de religion. (Sauf, bien sûr, si c’est pour devenir Mahometan.) C’est pourquoi les autorités islamiques, au plus haut niveau, ont préparé trois projets d’un texte de « Déclaration universelle islamique des Droits de l’Homme » d’où a disparu l’égalité de droits en question. Ces textes se fondent sur un préambule religieux totalitaire indiscutable. Toujours au niveau des Nations Unies et à l’initiative des Etats islamiques, une motion a été votée en commission ad hoc, demandant aux Etats membres de considérer comme constituant un délit, le fait de « diffamer » une religion. Bien sûr la très catholique Irlande a emboîté le pas. Et, chez nous, le monde chrétien semble avoir une position ambigüe. C’est le CDH qui a poussé au Parlement régional une élue portant ostensiblement le voile ! Où sont les « racistes » tant décriés ? Car, à côté du « racisme politique » affirmant que tous les individus d’un peuple sont supérieurs à ceux d’un autre peuple, il y a un « racisme religieux » qui prétend que n’importe quel homme est, de nature, supérieur à n’importe quelle femme ! Si vous acceptez ce racisme –là, vous êtes contre la Déclaration universelle de 1948 et vous êtes prêts à vous soumettre à une Déclaration islamique. Voilà la bipolarité qui sous-tend le rapport controversé. Il se prononce pour une très large affirmation de chaque « identité » par le port généralisé des « signes convictionnels ». Quel merveilleux patchwork intellectuel ! A chacun sa « nationalité culturelle ». Notre vision laïque est différente : il y a un socle commun de principes de vie en société, garants de la liberté individuelle. Une fois ces principes admis, on peut s’enrichir mutuellement de nos cultures différentes. On ne se différencie pas au niveau des principes universels ! Le rapport encourage un recours aux « accommodements raisonnables »….auxquels nos amis canadiens ont dû renoncer parce que, pour des religieux à vision totalitaire, il n’y a aucune limite aux exigences déraisonnables. Il faut bien garder à l’esprit que tout ce que nous, laïcs, demandons, c’est que soit respecté notre principe de neutralité. Et que, dans l’espace des institutions publiques, on ne porte pas, en bannière de différenciation, un signe quelconque « convictionnel. ». Si, comme remerciement pour notre accueil généreux, les Islamistes viennent piétiner nos usages avec l’appui discret et aveugle du monde catholique, il est temps de faire respecter NOS règles de vie en commun.