La « révolution » égyptienne, allumée depuis Tunis, est lourde de conséquences imprévisibles. L’immense protestation populaire tient du soulèvement spontané. Il s’agit d’une explosion inattendue. Certes, un esprit d’opposition existait à l’état latent dans la population, mais il n’y a aucune organisation révolutionnaire, aucun plan d’action à la base du soulèvement impromptu. Les manifestants, aussi bien en Tunisie qu’en Eygpte, réclament le départ des tyrans, et de meilleures conditions de vie. Mais aucun slogan positif, témoignant d’un programme politique cohérent. Des organisations d’opposition embryonnaires existent en « stand by » et, parmi elles, la plus permanente : les « Frères musulmans ». Il s’agit d’un groupe religieux islamique prosélyte, d’esprit résolument conquérant créé en 1928 au Caire par un instituteur, Assan al Bunna, qui proclamait que « la bannière de l’Islam devait couvrir le genre humain ». Tariq Ramadan, figure de proue intellectuelle du monde musulman en Europe est apparenté à ce visionnaire islamiste. Le groupe des « Frères musulmans » est un genre d’ « Opus dei » à la nième puissance ! Il influence encore l’ensemble des organisations islamiques. L’omniprésence de l’Islam occupe le terrain du vide politique. Au lieu d’entendre un discours sur un programme révolutionnaire politique à la Lénine, les centaines de milliers de manifestants se prosternent pour clamer leur soumission à Allah. Manifestement, la religion va récupérer le soulèvement. Cette intrusion massive du religieux dans un espace qui devrait être politique va-t-elle inquiéter un Occident assoupi et aveugle ? Mais non, mais non…Au contraire ! On peut lire dans « LE SOIR » à propos de la Jordanie, que – tenez-vous bien - « l’opposition islamiste et de gauche (sic !) a organisé plusieurs manifestations. L’Islam est donc une religion à vocation de théocratie…de gauche ? Une analyse aussi pertinente promet un avenir brillant ! MAX B.