Les esprits simples se figurent un Dieu de toute bonté mais autoritaire, arbitraire et tout-puissant. Cet être fantastique, que personne n’a jamais vu, se serait adressé à quelques individus en particulier, appelés prophètes et chargés de communiquer ses volontés aux autres hommes. Quelques esprits mal tournés et qui auront à répondre de leur insolence à la fin des temps, font remarquer que si ce Dieu existe, il a très mal fait son travail de créateur : son œuvre n’est pas parfaite. Certes, répondront les croyants les plus futés, mais il ne peut y avoir qu’une perfection, le monde est donc nécessairement imparfait. Ce n’est pas la faute à Dieu. Mais rétorquent leurs contradicteurs, le créateur aurait pu, tout en rendant son œuvre imparfaite, la faire se rapprocher un peu plus de la perfection ? Il y aurait eu moins de mal et de souffrances, par exemple ? Hum ! Les voies de Dieu sont impénétrables et les microbes humains doivent se soumettre à lui. Obéir aveuglément. « Befehl ist Befehl ». Dieu a aussi créé ces mauvais esprits qui ne croient pas à son existence. Qui, dès lors, n’ont pas de certitude rassurante pour affronter les peurs d’enfants et qui cherchent une explication d’un autre ordre. On les appelle « hommes de science ». De dangereux énergumènes, qui n’ont pas de certitude à opposer à celle des croyants. Et qui osent mettre en doute ce qui se trouve écrit dans les livres « sacrés ». Ils pratiquent même le doute systématique, ce qui est contraire à tout croyance. Ainsi ont-ils émis une série d’hypothèses étayées par le recours à un langage mystérieux appelé « mathématiques » et spécialement inventé pour n’être pas compris par les hommes de foi. Un individu de leur clan, un certain Darwin, a mis en doute la création de l’univers par Dieu. Il avance ainsi que l’Homme est le résultat d’une évolution de millions d’années. Comme toutes les « espèces » vivantes. C’est vraiment réduire la créature de Dieu au rang d’animal. Ce « blasphème » devrait être considéré et puni comme un crime. Certes, les croyants ont imposé durant des siècles l’image de Dieu créant le monde en six jours et se reposant le septième. C’était pour rire, bien sûr. Il est évident que Dieu avait prévu les conséquences de cette évolution, qu’il avait créée avec tout le reste et dont ce Darwin s’est emparé pour faire parler de lui. Heureusement les « créationnistes », parmi lesquels des universitaires (il y a, hélas, des esprits crédules dans toutes les sphères de l'Humanité), ont remis les choses en conformité avec les dogmes et ils vont pouvoir enseigner "LA vérité" dans nos écoles. On ne parlera plus que de création à la récréation.