Après les attentats qui ont secoué le royaume de Belgique le 22 mars dernier, Hind Fraihi dénonce une décennie de silence et de négligence: on ne pouvait plus prétendre qu'on ne savait pas....mais on a laissé faire.

Lorsque elle était encore étudiante à Bruxelles,Hind était en contact avec un groupe de jeunes de Molenbeek, ils racontaient que certains étaient approchés par des recruteurs pour partir faire le djihad en Afghanistan, en Tchétchénie, ou en Irak à l’époque. Certes, ces "rumeurs" n'étaient( pas encore totalement avérées. Puis, il y eu le 11 septembre 2001.

Ce fut le déclic...elle voulut en avoir le coeur net. L’occasion d'en savoir plus s’est présentée en 2005. Installée à Molenbeek pendant près de trois mois, elle se présentait comme étudiante: comme journaliste,elle n’aurait obtenu aucune infos. Là bas, un journaliste est vu comme sioniste et anti-musulmans. Infiltrée dans leur monde en tant qu’étudiante en sociologie… elle découvrit en Molenbeek une enclave, un état dans l'état, en rupture avec la société occidentale.

Dans l'indifférence des pouvoirs publics et le silence médiatique, un gouffre s’est creusé entre cette petite enclave et le cœur de l’Europe.

Des prédicateurs radicaux comme Bassam Ayachi qui a ensuite quitté la Belgique p..., servent de modèle auprès de jeunes du quartier, et les encouragent à s'engager dans le jihad en Afghanistan.

Leur arme de propagande, consistait à dédouaner au nom de l'Islam toutes sortes de délits. Voler un sac, ce n’est pas un pêché tant que c’est pour reverser l’objet du larcin au djihad… Ils avaient installé un système mafieux que Hind Fraihi appelle du « gangsterislam ». Quand on observe le profil des terroristes qui ont commis les attentats de Paris et de Bruxelles, on s’aperçoit qu’ils ont quasiment tous un passé criminel et qu’ils ont presque tous évolué dans cette culture underground où se mêlent intimement gangstérisme et islamisme.

A la publication de son livre, après un début de débat public, l'opinion s'est rapidement focalisée contre la jeune journaliste, la traitant d'islamophobe et de névrosée! En Belgique, le débat de fond sur l'Islam est muselé, on n’ose pas se dire franchement les choses lorsque cela concerne l’Islam, l’intégration ou l’immigration. On risque trop, dit-on, de créer l'amalgame et de stigmatiser une communauté.

On a ainsi collectivement nié l'évidence, fermé les yeux sur ce qu’il se passait à quelques minutes du centre-ville de la capitale européenne. Et on raté l'occasion de comprendre cette jeunesse en perdition...avant le drame.

Pourvu que cette fois, on aie collectivement compris... et qu'on agisse ...VITE!!!!

Source:marianne.net: Propos recueillis par Mathias Destal, 25 mars 2016