Les signataires de la « Carte blanche » font valoir notamment que : « loin d’être une affirmation du principe d’égalité hommes-femmes, une loi d’interdiction générale du port du voile intégral dans l’espace public en constitue une rupture dans la mesure où elle prive une femme qui le souhaite du droit d’exercer cette liberté » Les auteurs invoquent, d’une manière plutôt inattendue le principe de non-discrimination. Alors là !...Ahurissant ! On nage dans la confusion. sans doute involontaire. Il s’agit de savoir si l’on respecte les principes de la « Déclaration universelle des Droits de l’Homme » ou les prescrits du Coran appliqués via la Charia. Les représentants de l’Islam ne peuvent accepter la Déclaration justement en raison du fait qu’elle affirme l’égalité de droits des femmes par rapport aux hommes et reconnaît le droit des homosexuels à vivre leur différence. Ces deux principes sont contraires à ceux du Coran qui fondent l’infériorité de la femme et la condamnation de l’homosexualité. Cette contradiction fondamentale n’empêche pas les représentant(e)s de l’Islam d’invoquer à tous propos et hors de propos la Déclaration pour se réclamer d’elle. Comprenne qui pourra. On ne rappelle jamais que les Etats islamiques ont préparé plusieurs projets de « Déclaration universelle islamique des Droits de l’Homme ». En portant publiquement des signes d’une religion imposant la discrimination hommes-femmes, une femme prône cette discrimination contraire à la Déclaration universelle originelle. Elle devrait être condamnée pour ce fait. D’autant plus que la confession dont elle se réclame s’oppose fondamentalement à la démocratie. La démocratie dit : « Tous les pouvoirs émanent de la Nation », alors que, pour le Coran, tous les pouvoirs appartiennent à Allah. Ceci rappelle que le totalitarisme politique de l’Islam procède de son absolutisme religieux coranique Voilà les points de départ d’un débat sortant du brouillard artificiel. C’est par ignorance ou par crainte que les « représentants de la Nation » font dévier la discussion sur les dangers du port du voile intégral pour la sécurité publique ou la circulation en voiture… Les hôtes du journal, évoquant par ailleurs, la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de l’Homme, observent : « il ne revient pas non plus à l’Etat de définir le contenu d’une pratique religieuse ou de se prononcer sur la validité ou la légitimité des croyances religieuses ou des modalités d’expression de celles-ci ». Il eût été souhaitable d’ajouter prudemment : « sauf si elles contreviennent à un principe de la « Déclaration universelle des Droits de l’Homme » .Si, par exemple, elles encourageaient le terrorisme ou prévoyaient l’ « initiation sexuelle » d’enfants mineurs ou quelque autre pratique contraire à nos lois. Entreprendre un débat en ignorant les prises de position préliminaires mène à la confusion et aux quiproquos intellectuels. Et ceux-ci peuvent inspirer au législateur des mesures totalement inadéquates.

P.S. Le groupe de travail neutralité se veut être une force de propositions juridiques pragmatiques et respectueuses des droits fondamentaux